La vénusté décalée d'une Lilith décomplexée
Dans la vie, généralement, j'ai pas peur de grand chose. Mettez moi devant un film d'horreur, je rigole, abandonnez moi dans la forêt, la nuit, j'y gambaderai gaiement, agressez moi dans la rue, je vous raconterais un blague. Bref, vous l'aurez compris, même pas peur!
Par contre, si il y a bien un truc qui me fait faire pipi culotte, ce sont les endroits trop clos. Attention, je ne parle pas des salles de cinéma, des voitures ou des salles de cours. Non, moi j'entends par "endroit clos" un lieu plus ou moins étroit duquel je ne peux pas sortir. Par contre, dès lors que je sais pouvoir m'échapper, ça va, ça passe.
La claustrophobie que ça s'appelle, mais je ne vous apprends rien.
Un jour que j'étais toute jeunette, on a voulu me faire une blagounette et on m'a enfermé dans la sellerie de l'écurie. Bien sur, ils savaient pas les blagueurs, que j'allais pas rigoler et quand ils m'ont entendue pousser des hurlements stridents, ça les à fait marrer. Enfin jusqu'à ce qu'ils réalisent que j'étais en larme prêtes à m'exploser la têtes sur la porte pour la défoncer. Ce jour là, ma vie a défilé devant mes yeux, comme dans un mauvais film de série B.
En outre (j'adore cette expression) je ne supporte pas de passer une journée sans sortir de chez moi ne serait ce que 20mn, même si j'suis malade, même si il fait -40 et même si y'a rien à faire dehors.
Et c'est pas parce que je m'ennuie ou que j'ai besoin d'exercices (ça va pas non?), c'est juste que je dois absolument prendre l'air, sans quoi je risquerais de matraquer les murs avec ma tête.
Ce que je comprends moins et qui reste sans doute assez orignal, ce sont les autres formes que peuvent adopter ma phobie. Par exemple, avec les cols roulés...Je m'explique. Même si je suis hyper méga frileuse, (surtout du cou) jamais, au grand jamais vous ne me verrez porter un col roulé. C'est pas que ça me gratte ou que ça me gêne, c'est juste que ça m'angoisse, j'ai l'impression de ne pouvoir y échapper et que le col se resserre petit à petit (comme les murs d'une salle close). Idem pour les minerves, alors que je suis très sujette aux torticolis. Ça s'est embêtant parce que du coup, mes vertèbres en prennent plein la face.
Mais le truc le plus bizarre c'est l'effet des chaussettes. J'adore les chaussette en laine, bien chaudes et anti sexy à souhait. Surtout quand il fait froid comme actuellement, auquel cas je ne veux pas les retirer! Le jour, la nuit, je les porterais tout le temps (sauf sous la douche). Or voilà, il m'est littéralement impossible de dormir avec des chaussette, et cela même si mes pieds sont comme des mini icebergs (syndrome de Raynaud). Garder mes chaussette la nuit, déjà ça me donne du mal à trouver le sommeil ; Ça me rend folle, j'ai l'impression que mes pieds ne m'appartiennent plus, qu'ils ne sont plus là. Et si par bonheur (ou pas), j'arrive à m'endormir avec des chaussette, mon sommeil sera tout sauf reposant. Je rêve de me retrouver avec des moignons à la place des pieds et je me grattouille grattouille la jambe dans mon sommeil. Un matin, je me suis lever avec la cheville en sang tellement je m'étais grattouillé d'angoisse. Une horreur que de dormir en chaussettes. Du coup, avant de me coucher je les ôte et paf, j'ai froid. Et je dors tout aussi mal.
Du coup je m'interroge : mieux vaut-il mal dormir en ayant froid ou en se mutilant?
Un autre phénomène étrange due à ma claustrophobie, c'est le maquillage longue durée. Allez savoir pourquoi, à peine suis-je rentrée chez moi fin de journée, que je me rue dans la salle de bain pour me démaquiller. Garder le fond de teint-mascara-blush sur moi me donne l'impression d'asphyxier, d'avoir le visage qui est prisonnier d'une bulle toxique et ce même si je ne suis pas allé gambader sous les pots d'échappement... Une véritable horreur puisque ce malaise physique me met d'une humeur de chacal boulimique. Quitte à me remaquiller juste après, peu importe, mais il faut que j'enlève les restes de maquillage qui me paralyse le faciès...
Alors, je suis loin d'être persuadée que ces comportements et angoisses relèvent vraiment de la claustrophobie, mais la sensation d'étouffement, de panique et de malaise reste plus ou moins le même dans tous ces cas.
La question est donc : Ça vous arrive aussi ce genre de plan? Ou suis je la seule? auquel cas, ça signifierait que je ne suis VRAIMENT pas clean dans ma tête!