La vénusté décalée d'une Lilith décomplexée
Je suis malade. Pas comme Serge Lama, non. Moi c'est dans ma tête que je suis malade. Et ce depuis pas mal d'années (six , selon les médecins) (vingt et une selon moi).
Grâce A cause de cela, je suis passée sur pas mal de divans, j'ai connu un hôpital et un nombre incalculable de professionnels de la santé. Mais ce n'est pas le sujet sur lequel je souhaite m'attarder.
En réalité, les diverses perturbations ayant heurtées mon psychisme ont poussés les médecins à soumettre mon organisme à plusieurs substances chimiques relativement addictives. Je passe outre les compléments alimentaires et les somnifères en tout genre pour en venir aux psychotropes médocs qui, depuis 3 ans, ne me quittent plus : anxiolytique et antidépresseur. Pour ce dernier, pas de soucie, on en prend un par jour et l'effet vient, progressivement, sur le long terme. Pour l'anxiolytique, c'est autre chose. Ça fait effet dans le quart d'heure, effet qui s'estompe 4 à 5 heures plus tard. Perso, je suis sous lexomil, ou l'un de ses multiples dérivés pharmaceutiques ; le genre de produits inaccessibles sans ordonnance, le genre de produit que le médecin surveille bien que tu ne lui en demande pas trop souvent. Foutage de gueule, ce sont eux qui m'y mettent et ensuite, ils refusent d'assumer ma dépendance... Du coup, ils me font promettre de n'en prendre QUE quand je déprime sérieux-grave-sévère-au-bord-du-suicide-ou-presque. Bien sur.
Lithographie Le Cri, Edvard Munch
Rassurez vous, je ne suis pas accrocs à mon lexo. Je peux passé des mois sans y toucher. Mais quand on entame le cachet ( qui se découpe en 4 morceaux), c'est dure de pas le finir. En une journée c'est vite vue ; imaginons que je me lève avec un p'tit coup de blues... Pof, j'entame le cachet. Pendant les trois heures qui suivent, les oiseaux chantent du W. Disney et le soleil est rose. La vie est belle jusqu'à ce que les effets s'évanouissent et que je rechute. Oui, comme pour la drogue en poudre, le lexo entraine dans une rechute carrément badante, durant laquelle on regrette d'être venu au monde. Pour éviter cela, imaginons que j'anticipe en prenant un deuxième morceau du cachet. Pof pof! Mon chat me dit des mots d'amour, les arbres me sourient et je croisent Madonna au Franprix. Puis rechute, et ainsi de suite.
Voilà comment on tombe dans l'enfer sidéral de la dépendance au lexo, ce que je tente d'éviter à tout prix. Pour autant, ça ne m'empêche d'abuser de de consommer ce médoc, aux effets plus ou moins hilarants.
Hilarant ouais, c'est le mot. Surtout si j'en prend le soir, avant de me coucher, auquel cas ma nuit sera envahit de rêves abracadabrantesques mais d'un réalisme flippant. La dernière fois, je gobais le poisson rouge de mon cousin vivant (le poisson rouge) sans raison particulière. Et en me réveillant, je sentais la bestiole gigoter dans mon œsophage, puis dans mon estomac. Cette nuit là, me suis posé de réelles questions.
Une autre nuit, le rêve était encore plus bizarre : J'étais en compagnie de Hel et Miss C., ainsi que de ma mère et il nous fallait à tout prix rejoindre un bateau-boomker avant que l'apocalypse ne commence. Or, nous n'étions pas les seules à vouloir nous réfugier dans le bateau-boomker, qui ne contenais pas assez de place pour tout le monde. Alors on courrait en poussant les gens et tentions de prendre le chemin le plus cours vers la navette. Quand on y arrive enfin, les portes sont closes, il est trop tard. Et là, mon rêve s'arrête, j'entends Game Over, et il repend au début. A moi de guider mes amies et ma mère vers un chemin plus rapide. Mais les filles décident de s'arrêter faire des provisions de Choco BN et j'ai droit au Game Over à nouveau. Et ainsi de suite, jusqu'à ce qu'enfin, nous arrivions à nous glisser in extremis dans la navette qui était aménagée comme une salle de cinéma.
Il existe biens d'autres effets relatifs au lexomil, mais je m'en tiendrais là pour aujourd'hui, par peur de passer pour la toxico que je ne suis pas. Et pis là, je dois filer : y'a un teletubies qui cherche à sortit du placard.