La vénusté décalée d'une Lilith décomplexée
Je commence à croire que je fus une marmotte dans une vie antérieure. Déjà parce que j'aime le chocolat Milka, mais surtout pour ma réaction face à l'hiver. C'est la seule explication plausible à ma flemmitude hivernale annuelle.
En effet, malgré une surconsommation excessive de café, tous les hivers c'est la même chose : je me sens toute molle. Molle dans le sens où, même si quelque chose qui m'intéresse, j'y préfère de loin rester au chaud chez moi, avec un bon bouquin. Ou au pire, aller me trainer au cinéma.
Cela dit, je suis obligé d'affronter non sans mal cette flemme légendaire pour me rendre en cours qui, heureusement, valent l'effort. Mais dès qu'il s'agit d'un truc moins exigent ( pas forcément moins intéressant), j'ai tout de suite plus de mal. Au lieu de sortir, même le soir, je préfère rester sous ma couette à compter le nombre de taches sur les vitres de la fenêtre. Et ce, même si les gens qui me proposent de sortir sont plaisants. Ça ne vient pas d'eux, juste de mon extraordinaire manque de punch.
Pour essayer de contrer cette mauvaise habitude, je m'oblige à sortir, à voir des gens, à en rencontrer d'autres et à ruine en cocktails variés, mais ça ne dure jamais bien tard ; souvent à minuit, j'ai déjà retrouvé chaussettes en laine et tisane qui pue.
Si je veux voir des gens, je n'ai d'autre choix que de les inviter chez moi. Mais la promiscuité et le manque d'épaisseur des murs entre mon espace et celui des voisins m'empêchent de réitérer ces soirées trop régulièrement.
Mine de rien, c'est assez handicapant cette paresse, parce que à force de rester cloitrée, je m'empatte. Et ça, c'est moche. D'autant plus que je deviens folle si je ne sors pas de chez moi au moins une fois par jour. Je me retrouve donc prise entre l'envie lancinante de me fourrer sous la couette et celle, oppressante, d'aller gambader dans le vent.
Désormais, j'envisage de sortir, avec la couette sur le dos, et les chaussettes en laine sur les mains.