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La vénusté décalée d'une Lilith décomplexée

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Des pigeons et des algues




Comme annoncé précédemment, j'en viens à parler de Venise, capitale de la Beauté et du touriste con par excellence. La ville de Sa sérénissime m'évoque un grand nombre de souvenirs, excellents pour la plupart, partiellement honteux pour certains.

Ma première visite à Venise remonte à...piouuuuu, fort longtemps puisque je ne devais pas avoir plus de huit ans. Premiers pas dans la péninsule, premiers trains couchettes, en famille... Bonheur.

monet_1908_venise_grandcanal.jpg
Monet, 1908 - Le Grand Canal

Comme à son habitude, Papa avait réservé un méga bel hôtel , donnant sur le Grand Canal, sur le Corte Barbaro. Je partageais une chambre avec mon frère dans laquelle on s'abrutissait à base de programmes télé italiens auxquels on ne comprenait rien. Quand on en avait assez de ne rien comprendre, on se mettait à la fenêtre qui donnait sur un petit canal typiquement vénitien, par lequel passaient des gondoles blindées de touristes, principalement japonais. Dès qu'ils nous voyaient apparaitre à la fenêtre, ils se saisissaient instantanément de leur appareil photo et nous shootaient comme des malades. Pire que le photo-call cannois. Je crois que mon visage a fait le tour du Japon sans le savoir.

Un jour, alors que je faisais ma belle à la fenêtre, j'ai fâcheusement fais tombé mon couvre-chef (un magnifique chapeau de marin) dans le canal... petite fille capricieuse que j'étais, j'ai exigé que ma mère aille le récupérer... c'est ainsi qu'on s'est retrouver à courir sur les berges du Grand Canal à la poursuite d'un chapeau trempé qui puait la lagune... nostalgie...

Quand on ne comatait pas dans l'hôtel, nous allions admirer la ville. Je ne vais pas vous mentir, à l'époque la peinturemême si je trouvais ça joli, je m'en tamponnais l'oreille avec une babouche. En réalité, je passais le plus claire de mon temps à jouer avec les pigeons sur la piazza San Marco. Habitude qui m'est restée, comme une sorte de rituel obligé quand je suis de passage à Venise.

pt18061.jpg

Entre les pâte à la bolo et les amitiés pigeonesques, je me suis fait baptisée "alla veneziana". Je m'explique. Imaginez moi, gamine de huit ans vêtue d'un jolie robe blanche, un beau jour de printemps marchant sur les berges du canal en compagnie de la famille. Et là, je sais pas pourquoi, j'ai été prise d'une idée saugrenue : faire croire à ma mère que je sautais dans l'eau du canal, alors qu'en fait je sautais sur les marches d'amarrage. Je m'approche, me tourne vers ma mère et lui dit "Dis au revoir à ta fille" et je saute sur les marches en contrebas. Sauf que... y'a un truc que j'avais pas prévue : que les marches, que l'eau chatouillait régulièrement, soient infestées d'algues gluantes et surtout glissantes. C'est ainsi que moi, jeune fillette naïve, j'ai glissé pour me retrouver une fesse, une jambe, un bras et un peu plus dans le grand canal. Grand canal dont je suis sortie indemne, mais verte (littéralement) et puante.

Je ne vous raconte pas la tête des gens quand on a pris le vaporetto, avec l'odeur et tout. Idem quand on est passé devant une église célébrant un mariage.

Voilà comment, en quelques secondes j'ai été plongé dans les eaux sacrées du Canal Vénitien, pour en sortir plus amoureuse que jamais de cette ville. Oui oui, je pense que sans cet évènement, ma vie serait aujourd'hui bien différente...

hotel-a-marghera-Venezia-La-Salute.jpg











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A
Voir Venise et mourir.. de rire ! Un grand moment,merci ! J'en ai les canaux lacrymaux humides.
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