La vénusté décalée d'une Lilith décomplexée
Le texte qui va suivre risque de heurter la sensibilité des plus jeunes.
Oh! ah! que c'est vilain ce que j'ai à vous raconter. Âmes sensibles s'abstenir parce que va y avoir du sang et du charcutage que même Eli Roth n'y aurait pas pensé.
J'ai un abcès. Très mal placé. Je vais pas vous faire un dessin mais si vous voulez, j'ai mal quand je m'assoie.
Un abcès donc. Qui, je pense, se développe depuis un moment déjà. Avant, c'était juste une sorte de bouboule chelou qui faisait même pas mal. Du coup j'ai passé outre.
Sauf que depuis dimanche, c'est devenu quelque peu douloureux. Ça a grossi aussi. Furieusement grossi. Lundi soir, la douleur était vraiment, mais alors vraiment, invivable. Alors j'ai regardé la bouboule devenue rose fushia, j'ai tripoté, j'ai palpé et j'ai appuyé... Et là, une quantité phénoménale de pus dense et visqueux s'en est échappé. J'ai tellement hallucinée que pendant trois secondes et demi je me serais crue dans Alien. Et le pus a continué à se déverser sauvagement pendant 5 bonnes minutes, comme ça, l'air de rien.
Je crois que c'est à ce moment là que j'ai commencé à paniquer. Et quand je panique, j'ai tendance à faire un peu n'importe quoi. Lundi soir j'ai vraiment fait n'importe quoi. J'ai pris une aiguille destinée à percer davantage la bouboule. Y'a encore plus de pue et même du sang qui en sont sortie. Même que l'aiguille, j'ai réussie à l'enfoncer à moitié dans la bouboule, sans rien ressentir (elle tenait toute seule). C'était juste ahurissant. Toute en flippant comme une malade, j'ai commencé à trouver ça drôle (oui , je sais... merci.), alors pendant 1h et des patates, je me suis charcuté l'abcès en admirant les jolies couleurs des liquides qui en sortaient. Quand j'ai arrêter, je me sentais un peu mieux... Jusqu'à ce que je me mette à me poser des questions sur le pourquoi du comment de l'absurdité de la chose, à tel point que j'en ai finie par somatiser à mort.
Croyant ma fin venir pour cause de septicémie, de peste bubonique ou de nécrose vaginale, j'ai pris deux lexo et je me suis couchée (j'ai d'ailleurs rêver de sashimis... faut il y voir un rapport?). Au matin, mes draps étaient blindés de sang. C'était fâcheux. Comme j'avais mal, j'ai pris mon courage à deux mains et je me suis rendue chez le médecin. Le problème, c'est que moi j'suis du genre à pas avoir de bol... et après m'être trainée jsuqu'au cabinet médical, me suis retrouvée nez à nez avec « les consultations reprennent le 11 mars ». Aaaarg., maudite sois-je! (ça se dit?) Bref, direction la pharmacie, achat d'une lotion spécifique et back to work...
Depuis, mon abcès et moi faisons contre mauvaise fortune bon cœur. Nous avons donc pris la décision singulière de cohabiter malgré nos divergences d'opinion. Je l'ai baptisé Jean-Patrick, je garde un œil sur lui et sur son épaisseur. En contre-partie, J-Patou me chaperonne en m'empêchant de pratiquer le youpla-boum avec un amant quelconque. La vraie vie de couple quoi...