La vénusté décalée d'une Lilith décomplexée
Une fois par semaine (généralement le dimanche), un séance de ciné s'impose à moi. Et même si la salle de cinéma peut changer, même si les films sont tous très différents, ma façon de procéder reste la même. Je choisie une séance en début d'après midi, j'arrive une plombe en avance (me demandez pas pourquoi, j'en sais fichtrement rien), je m'installe entre les trois premiers rangs, sur les côté (c'est là où y a le moins de chance d'être cerné de blaireaux) et je m'étale: le manteau sur le siège de devant, mon sac à main sur celui de droite, mes grandes pattes à moitié étendues sur le siège de gauche. Et je suis bien. Souvent, j'ai avec moi un petit encas discret, le genre qui ne fait pas de bruit (histoire de ne pas déranger les autres spectateurs avec le « scratch » du papier qu'on ouvre) et je profite.
Mon rituel cinéma, il se fait toujours en solo. Moi et le septième art, face à face. Parfois je suis surprise, parfois je suis satisfaite, parfois j'ai un coup de cœur, parfois une larme, parfois une déception... mon rituel se déroule toujours de la même manière, mais il me fait toujours ressentir une émotion différente. C'est ça qu'est beau!
Étrangement, j'ai de plus en plus de mal à profiter d'une séance de cinéma si tous les éléments ne sont pas réunis. Bien sur, quand la salle est blindée, je m'abstiens de m'étaler (j'suis pas une mégère antisociale non plus), mais j'aurais l'impression que tout n'est pas bien comme il faut. C'est un détail je sais, mais ma séance ciné, elle est sacrée!
Chaque chose doit être à sa place pour que je puisse apprécier (ou non) clairement le film projeté. Le comble, c'est que dans de telles circonstances, même si le film en lui même n'est pas terrible, j'aurais passé un bon moment!
Comme j'ai été privée de cinéma dimanche ( j'ai vue une expo), je vais y consacrer mon mardi après midi. Au programme, A Single Man de Tom Ford. Je ne sais pas à quoi m'attendre, mais je sais d'avance que je passerai un bon moment.