La vénusté décalée d'une Lilith décomplexée
Si il y a bien un truc que j'aime chez moi, enfin sur mon corps, ce sont mes pattes. Sans vouloir me la péter, j'ai des jambes à faire pâlir Adriana , ou pas loin ; Divinement longue et fines, parfaitement gainées dans des collants et le pieds subtilement souligné par un talon haut, mes jambes sont un don de Dieubouddhallah. A ce niveau là, je fus bien gâté. Parce que c'est pas le tout d'être grande si on a pas les pattes de princesse qui vont avec.
Du coup, à moi les shorts, les minis jupes, les cuissardes et les escarpins ; j'en abuse et m'en amuse. Je dégaine ma guibole et me voilà reine de la rue, de la nuit, de la cuisine ou du Franprix. L'avantage c'est que tout le monde me regarde, m'admire et/ou me jalouse. Il y a quelque jours, deux minettes ont poussé des "waaa les jambes" extatiques alors que j'essayais des chaussures en boutique. Mes pattes sont ma plus belle parure, si j'osais je les porterai autour du cou (faudrait que j'envisage de m'assouplir). Mes pattes c'est ma victoire sur l'Homme, celui qui se dandine autour de moi et que j'écrase, que je dépasse à coup d'enjambées royales. La victoire de la femme forte et indépendante qui terrasse les regards en arpentant le pavé de son pas leste et obstiné.
Ça c'est pour le principe.
Mais les grandes jambes, ce sont aussi des inconvénients. Pas mal d'inconvénients. Prenez ce "pas leste", c'est chouette, j'aime. Mais quand on a des pattes immenses, on a du mal à apercevoir ce qu'il y a au bout... et paf que je te butte dans le trottoir, le pavé, la bouche d'égout ou le yorkshire de la voisine. Adieu femme fière et conquérante.
De même, pour parvenir à mon mètre soixante dix sept, il a fallut que je grandisse vite. Trop vite. Une vitesse qui m'a bousillé le dos, dos qui aujourd'hui se tord dans tous les sens que permet une scoliose et une cyphose associées à une maladresse édifiante. D'autant que j'ai une jambe qui a poussé plus que l'autre, ce qui n'arrange pas les choses je dois bien l'avouer.
Autre souci de taille, c'est le cas de le dire, c'est que ces belles gambettes, il faut bien les caser quelque part quand on s'assoit. A force de tortillonages alambiqués, on arrive à se débrouiller pour trouver sa position, celle ci étant souvent contraire à toute les lois de la physique. Et dans ces grandes jambes cloisonnée dans une flexion parallélépipédique, le sang circule très mal, il ne va pas jusqu'au bout du pied et s'arrête en chemin (le flemmard). Résulta, sitôt levée c'est la crampe ou l'anéantissement total de toutes sensations dans la dite jambes. J'en ai pour 5 minutes de paralysie unilatérale. Si il me prend de me lever sans avoir auparavant vérifier le bons fonctionnent des gambette, je risque à peu près ça : Lilith se lève – Lilith tient un quart de seconde debout - Lilith s'étale lamentablement.
Je crache sur toute les lois de la physique vous dis-je.
Pour en finir avec ces histoires de patte dans la plat, ce qui ne veut absolument rien dire j'en conviens, parlons fringues. Parce que pour moi, comme pour beaucoup, les vêtements, la mode et tout ça, c'est bonheur, joie et atomiseur. Malheureusement pour moi, la plupart des pantalons me tombent à la cheville. Si je prend la taille au dessus, je flotte dedans tellement qu'on pourrait facilement y rajouter une autre moi (j'ai aussi ce truc là, de pas être trop épaisse). Cruel dilemme. De même pour les jupes, quand celles ci sont censées être classes et tout, sur moi elles se la jouent ras-la-founette, me faisant ainsi passer pour la femme de petite vertu que je ne suis pas, ou presque.
Outre ma débordante incapacité à m'exprimer correctement en ce splendide lendemain de descentes alcoolisées, je m'en remets à vous. Pourquoi faire? J'en sais rien mais je m'en remets à vous quand même.
Ceci dit, moi je les aime mes jambes, et je n'ai que faire de savoir que ce billet est d'une profonde incohérence.