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La vénusté décalée d'une Lilith décomplexée

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London's calling (part two)




Vous l'avez réclamé corps et âme, alors voici la suite des tribulations londoniennes.


Ma tante a une super maison près de Victoria et c'est telle une princesse que j'y ai pris mes quartiers. Ici on se couche tôt et ça tombe bien puisque j'ai bien l'intention de me lever tôt, histoire de profiter un maximum de Londres. Mardi matin donc, je quitte la maison vers 9h30, prends mes repères dans le quartier, histoire de ne pas me perdre en rentrant (Lilith est pourvue d'un méga sens de l'orientation)(et mon guide est plein de cartes), et me bouge le graillon jusqu'au Tube. Direction Trafalgar square, il y'a du soleil, plein de gens et c'est joli. Mais moi je veux la National Gallery. Je sais d'avance que je n'aurai pas le temps de tout apprécier à sa juste valeur, mais comme c'est ma première visite en ce sacro-saint lieu de Beauté, je préfère repérer les pièces à venir admirer dans toute leur splendeur lors de ma prochaine visite (Dieu que cette phrase est longue!) .

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Sauf que quand même. Toute cette magnificence ne peut décidément pas me laisser indifférente... Canaletto et ses multitudes de petits vénitiens sont à tomber, Caravage, fidèle à lui même, explose de délicatesse et la sensualité de Fragonard me donne envie de courir toute nue dans Hyde Park. Alors que j'allais ôter ma chemise, j'ai été clouée sur place, ahurie, les larmes aux yeux devant Turner. Laissez moi mourir, maintenant que j'ai vu ça, ma vie est accomplie. Ces couchers de soleil, ces ciels, ces mers, ses... Nan, les mots ne me viennent pas, car ils ne suffisent pas. Sachez seulement que j'ai eu un mal fou à quitter ces toiles des yeux. Constable ne vaut pas son grand rival, mais je reste assez admirative de ses ciels orageux, menaçant la luxuriante campagne anglaise. Quelques salles plus loin, je me sens faire un Orsay revival (en pire) puisque s'étalent sous mes yeux Courbet et Manet. Je me tourne et que vois-je? Les splendides Nymphéas de l'ami Monet, tellement splendides que ça me bouleversifie. Mais ce n'est pas fini car, après avoir contemplé Venise par les yeux de Monet, j'arrive devant mon cher Vincent V.G, dont les Tournesols explosent de ce jaune si torturé, si expressif. J'achèverai ma visite sur quelques Nabis-chéris et quitte les lieux non sans être passé admirer le carton préparatoire de de Vinci, parce que quand même.
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[Pluie, Vapeur, vitesse, W. Turner, 1844]

Après toutes ces émotions, l'air et le soleil me font un bien fou, y'a toujours autant de petits gens à Trafalgar et prenant mon courage à deux mains (ou à demain), je décide de monter à pieds jusqu'à Oxford Circus. C'est carrément grisant de flâner le long de Regent Street et de ces boutiques d'un luxe faramineux. En passant devant Hamleys, j'ai été tenté d'y pénétrer, mais le monsieur déguisé en clown devant la boutique m'a fait flipper. En plus j'avais faim. Alors je me suis gentiment installé à une terrasse, pour manger des tomates-mozza (di buffala s'il vous plait) et j'ai bu un bon verre de blanc.

To be continued... (bis)











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