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15 juillet 2010 4 15 /07 /juillet /2010 11:00

A Francfort donc, nous avons eu la radieuse occasion de voir la rétrospective sur le peintre allemand Ernest Ludwig Kirchner. Né en 1880, volontaire pendant la première guerre, cet éminent représentant de l'expressionnisme allemanda profondément marqué l'histoire de la peinture du 20e siècle.

Kirchner_-_Selbstbildnis_als_Soldat.jpg

[Selbstbildnis als Soldat, 1915]

Tourbillons de couleurs et de formes se succèdent dans des toiles qui reflètent une société précise à un moment donné. Kirchner a réussie à sa manière, à capter l'essence même du Berlin de l'avant guerre.

Nourri de nobles influences, Kirchner n'en a pas moins inventé un univers et un style inédit. Ses toiles semblent frénétiques et vibrantes, mais ne sont pas pour autant uniquement pulsionnelles. En effet, on devine  aisément que toutes ces couleurs et ces figures sont agencées de manière réfléchie. Kirchner a mis au point un système qui lui est propre et qui lui permit d'exprimer à travers ses tableaux toute sorte de caractères, d'émotions, de sensations. Mais tout ceci n'enlève rien à la force de ses scènes toutes plus touchantes les unes que les autres... Touchante, que dis-je? Coupantes, grouillantes, obsédantes.

Ce que ce peintre semble vouloir présenter, c'est le profond malaise, la profonde humanité d'une société qui évolue, change et peu à peu se perd. Kirchner ne se censure pas et d'ailleurs, l'exposition n'a pas oublié de nous rappeler qu'il a aussi réalisé pas mal d'illustrations érotiques ( y'avait plein de vieux messieurs absorbés par ces dessins).

  

88.3591 ph web[Das Soldatenbad - 1915]

 

Malgré sa volonté de participer à la guerre, il dut revenir sur sa décision seulement deux mois après la mobilisation. Fragilité psychique et physique,  Ernst fut envoyé dans un sanatorium  où il se retrouve confronté à la folie, à la mélancolie, à la mort.  Sa rémission, bien que temporaire, lui permettra de trouver le salut dans  le replis. Des 1918, il s'exile dans un chalet des Alpes suisses en compagnie de son épouse.  La sérénité de la montagne et de la nature lui permettra de survivre et  de continuer à peindre des toiles dans lesquelles cette nouvelle vie d'ermite  transparait.  Malheureusement, le calme de la montagne ne viendront pas à bout des angoisses de l'artiste qui se donnera la mort en 1938.Ernst-Ludwig-Kirchner-Blick-auf-Davos--1924-165754.jpg


[Blick Auf Davos, 1924]

Sa dernière période, abstraite et très influencée de Picasso, m'a beaucoup moins attiré. Du moins pas assez pour que je l'évoque. J'y préfère de loin les visages torturés, hachurés, les regards tourmentés et pleins de vie issus des angoisses que le peintre projette sur ses modèles. De son expérience militaire, il n'en tira que deux toiles sans aucun rapport avec la guerre : elles n'illustrent pas la vie militaire mais les moments d'humanité dans la vie d'un officier.  

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Published by mwalilith - dans Brouillons de culture
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