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10 août 2009 1 10 /08 /août /2009 07:00



Il était temps que je m'y mette à cette note qui, je l'espère, sera haute en couleur.

C'était il y a quelques semaines, aux chambres d'hôtes où je travaille. J'étais chargée des petits déjeuners le matin et de l'accueil des clients durant l'après midi. Sauf exception, nous demandons expressément à nos charmants hôtes d'arriver entre 17h et 20h, et de libérer leur chambre le lendemain avant 11h afin qu'on puisse faire le ménage, toussa. (ce qui ne leur interdit pas de prendre leur petit déjeuner après 11h ou de trainer dans le salon.)

Alors que je m'écharnais à rendre le p'tit déj le plus agréable possible pour nos hôtes, le téléphone sonne. À l'autre bout du fil, c'est un couple que nous attendons le soir même et qui me dit, l'air de rien : on sera là dans 1/2 heure. «  Ah, mais il n'est même pas 11h, on ne vous attendait pas avant cet après midi... » « oui, mais on a prit la route à l'aube pour éviter les embouteillages à la sortie de Paris. » Là, j'ai pas eut le choix. Je suis montée en vitesse vérifier que leur chambre était prête et tout et tout, puis je les ait accueillie, le sourire aux lèvres, les ait installé et leur ait expliqué pour les horaires du petit déjeuner du lendemain. Mais Madame tire la gueule : « 11h?! Mais vous savez, on a un mariage ce soir... » je lui répond que rien ne l'empêche de se reposer dans le salon une fois sa chambre quittée. Elle continue à rouspéter mais j'ai pas que ça a faire.

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Une fois le petit déjeuner débarrassé et les affaires réglées, je m'installe dans le salon pour lire un peu. Quelle ne fut pas ma surprise en voyant ces charmants hôtes Parisiens me rejoindre. Je leur fait la conversation, leur raconte un peu l'histoire du domaine de Loisy. Et Madame de me demander : « de Loisy? Ce doit être une grande et ancienne famille ». Je lui répond que oui oui, en effet nous sommes issue d'une ancienne famille et que ma grand mère a héritée du titre de comtesse. Elle me regarde, surprise, avant de me demander si, moi même, je vais hériter du nom et du titre. «  Bah non, voyez, c'est du côté de ma mère et moi j'ai le nom de mon père." Qui est?" "L..." » Quand elle a entendue que le nom de mon Papa n'avait pas de particule, elle m'a regardé de haut, avant d'ajouter : Oui, mais vous hériterez sans doute de la demeure... » « Pas sur, j'ai un frère ainé, des tas d'oncles, de tantes et de cousins. » Sur ce, elle a tourné les talons et ne m'a plus adressé la parole... Okayyyyyy!

Une fois les lieux visités, ils reviennent s'assoire dans le salon, ce à quoi je ne vois aucun inconvéniant. Le monsieur, particulièrement sympathique (le parfait opposé de son épouse) commence à me parler. Au bout d'un moment, madame lui lance «  il faudrait qu'on pense à aller trouver un restaurant... ». Son mari lui répond qu'il est tout juste midi et qu'ils ont encore le temps. Mais madame trouve cette sublime réponse «  oui mais tu sais, en province on ne sait jamais. Ici, on est pas à Paris et je ne suis pas sur qu'on trouve quelque chose d'ouvert si on attend ». Ce à quoi je répond qu'on est pas non plus in the middle of nowhere et qu'ils pourront toujours trouvé du mangé plus tard si ils le souhaitent. Elle me regarde méchant, mais genre « qui es-tu pour oser me parler, jeune manante? ». Du coup, je me suis tue et ils s'en sont allés.

Sans vouloir jouer la provinciale qui n'aime pas les Parisiens, j'ai trouvé ça assez comique. Pour eux, une fois qu'ils ont quitté Paris, les villes sont remplies de campagnards, paysans et autres pecnots qui ne font rien que picoler (bon d'accord on est en Bourgogne) et qui n'ont rien pour accueillir les touristes en plein mois de juillet. Comme si toutes les boutiques, cafés, brasseries et restaurant allaient fermer entre midi et 16h parce que c'est l'heure de la sieste... Non mais oh madame! On est au XXI° siècle et en province on vit tout presque pareil qu'à Paris et on sait mieux tout aussi bien s'occuper des touristes! Non mais!

 

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La journée continue, je gère tant bien que mal les affaires du domaine, accueille les autres clients et toussa. J'vous passe les détails.

Le lendemain, retour au taff', cette fois ci pour faire le ménage dans le chambres, en plus du petit dej'. Petit déjeuner auquel nos amis Parisiens s'étaient rendues de bonne heure. Fort surprise, je leur demande si leur soirée fut agréable et si ils ne sont pas trop fatigués. Comme tout à l'air de bien se passer pour eux, je me réjouis en supposant qu'ils libèreront leur chambre assez tôt et que je pourrais la faire rapidement. ERREUR MONUMENTALE!

Après avoir papoter avec ma mère à qui ils se sont plaint de « l'origine douteuse » du marié qui ne portait pas un nom convenable ( à leur goût), ils se sont enfermés dans leur chambre jusqu'à midi...! heureusement que je leur avait dit de la libérer à 11h, d'autant plus qu'ils n'avaient toujours pas réglé. Enfin, une fois que Madame eut finie de téléphoner à toutes ses copines/sœurs/ nièces/ mères, ils ont mit les voiles, non sans m'avoir lancé un « bonne chance » dédaigneux.

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Qui a dit que le cliché des parisiens bourgeois était passé de mode?











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Published by Anonyme - dans Turpitudes
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